
La base du Tao, c'est la création en marche. Ce faisant, selon cette métaphysique asiatique, le dessinateur à l’œuvre participe au Tao.
De là émane l’axiome de "l’unique trait de pinceau". On dit qu’Hokusai, le dessinateur japonais, s’y conformait quelque peu. La principale source de cette philosophie du dessin est le moine Shitao, dit Citrouille Amère. En des temps très anciens, il disait :
"Si loin que vous alliez, si haut que vous montiez, il vous faut commencer par un simple pas. Aussi, l'unique trait de pinceau embrasse-t-il tout, jusqu'au lointain le plus inaccessible, et sur dix mille millions de coups de pinceaux il n'en est pas un dont le commencement et l'achèvement ne réside finalement dans cet unique trait de pinceau dont le contrôle n'appartient qu'à l'homme. Par le moyen de l'unique trait de pinceau, l'homme peut restituer en miniature une entité immense sans rien en perdre. Du moment que l'esprit s'en forme d'abord une vision claire, le pinceau ira jusqu'à la racine des choses."